Le Gardon (Rutilus rutilus) est un poisson blanc d’eau douce au corps en forme de fuseau et aux écailles argentées.
Le Gardon est souvent confondu avec deux autres poissons : le Rotengle et l’Ide mélanote. Le Gardon est un des poissons les plus courants de nos cours d’eau où il vit en bancs composés de nombreux individus. C’est un poisson méfiant, qui recrache l’appât aussi vite qu’il l’a goûté, ce qui rend sa pêche quelque peu difficile, surtout pour le pêcheur débutant et qui se pêche, en général, dans la partie inférieure de la colonne d’eau. Le Gardon est apprécié en friture ou, pour les pêcheurs de carnassiers, comme vif assez résistant.

Qu’est-ce que le Gardon (Rutilus rutilus) ?
Le Gardon (Rutilus rutilus) est une espèce de poissons d’eau douce de la famille des Cyprinidés. Il est reconnaissable à sa robe argentée et à sa forme élancée. Il est de taille modeste (entre 15 et 30 cm de longueur). Le Gardon est un poisson grégaire qui fréquente rivières et lacs d’Europe.
Description du Gardon
Comment reconnaître un Gardon ?
Le Gardon (Rutilus rutilus) est un poisson d’eau douce apprécié du pêcheur au coup. Le Gardon ressemble au Rotengle et à l’Ide mélanote avec qui il partage morphologiquement un corps fusiforme, légèrement comprimé latéralement, bombé sur le dos et au niveau du ventre.
La tête de ce poisson est petite, les yeux assez gros, présentant un iris rougeâtre (rutilant d’où il tire son nom “Rutilus rutilus”), ce qui est une des caractéristiques permettant de le différencier de l’ide et du rotengle (dont l’iris est jaune).
La mâchoire inférieure de ce poisson dépasse légèrement la mâchoire supérieure, la bouche, étroite, est donc oblique orientée vers l’avant et le haut.
Les nageoires pectorales, dorsales et anales sont munies de rayons mous. Les nageoires pectorales, pelviennes et annales sont de couleur rouge orangée alors que la nageoire dorsale est grise.
Il est à noter que les nageoires dorsale et pelviennes s’insèrent au même niveau du corps ce qui est un des critères de différenciation entre le Gardon et le Rotengle.
Le dos du Gardon est de coloration vert foncé à brunâtre, ses flancs sont argentés avec des reflets bleutés, son ventre est blanc rougeâtre avec des reflets dorés. Les nageoires dorsales et caudales sont grisâtre et les nageoires pelviennes, anale et pectorales sont orange rougeâtre.
Les écailles du Gardon sont grandes, arrondies, brillantes, nombreuses et se détachent assez facilement. Elles donnent aux flancs de ce poisson leur reflets dorés.
| Classe |
| Actinopterygii |
| Ordre |
| Cypriniformes |
| Famille |
| Cyprinidae |
| Genre |
| Rutilus |
| Espèce |
| R. rutilus |
| Nom Binomial |
| Rutilus rutilus (Linnaeus, 1758) |
La taille habituelle du Gardon est de 10 à 30 cm pour un poids de 10 à 200 g mais certains individus peuvent atteindre 50cm pour un poids de 2 kg.
Le record de France de pêche au Gardon est un poisson de 56 cm pour 2.4 kg.
La durée de vie du Gardon est d’environ 10 ans mais peut aller jusque 15 ans pour certains individus.
Habitat et mode de vie du Gardon
Le Gardon est un poisson très répandu en Europe centrale et occidentale depuis les Pyrénées jusqu’à l’Oural. Il est absent des régions septentrionales et méridionales.
C’est un poisson qui vit en bancs plus ou moins grands dans les eaux à faible courant des rivières et des canaux ainsi que dans les eaux calmes et stagnantes des lacs et étangs.
Il n’y a guère que dans les cours d’eaux supérieurs des ruisseaux et les rivières de montage qu’on ne les rencontre pas.
Le Gardon se tient en général près du fond de l’eau, mais trahit parfois sa présence en venant se retourner à la surface.
Alimentation du Gardon
Contrairement au Rotengle, le Gardon se nourrit principalement sur le fond. Son régime alimentaire est très varié.
Omnivore, ce poisson se nourrit de petits crustacés, de larves, de débris végétaux, de mollusques, des vers…
Ce poisson est capable de devenir exclusivement végétarien s’il ne peut faire autrement, avec comme conséquence, des individus de taille plus petite.
Son activité alimentaire est importante principalement la nuit et au crépuscule où il vient près des bords. A l’aube on peut le retrouver à la surface.
Bien que considéré comme un poisson de fond, le Gardon peut s’alimenter dans toute la colonne d’eau en fonction de la météo, de la saison, du moment de la journée ou encore, des proies disponibles.
Reproduction du Gardon
Le Gardon atteint sa maturité sexuelle vers l’âge de 2 ans. La reproduction se déroule d’avril à fin juin, parfois même jusqu’au mois de juillet dans des eaux peut profondes dont la température est comprise entre 13 et 20°C.
La femelle pond entre 20.000 et 100.000 oeufs jaunes et collants, dont le diamètre moyen est de 1 à 1.5 mm, qui adhérent aux plantes, aux pierres et à tout obstacle immergé. Toutes les femelles d’un même groupe pondent en même temps au même endroit.
Les alevins sortiront des oeufs après une incubation de 1 à 2 semaines.
Il est à noter que des hybridations sont très fréquentes entre le Gardon et les brèmes, les ablettes et le rotengle.
Pourquoi le Gardon intéresse les pêcheurs ?
Le Gardon (Rutilus rutilus) est un poisson d’eau douce qui suscite l’intérêt des pêcheurs, des gourmets et des écologistes. Les pêcheurs apprécient particulièrement le Gardon pour sa combativité et sa capacité à se montrer opportuniste, offrant un défi intéressant lors de la pêche. Bien que de taille modeste, le Gardon est un poisson amusant à pêcher à plus d’un titre. Les bancs de Gardon étant assez grands, les partie de pêche deviennent vite assez intéressantes lorsqu’il commence à mordre. Il en devient donc un poisson apprécié par les jeunes pêcheurs débutants.
Sur le plan culinaire, le Gardon est prisé pour sa chair blanche et délicate, bien que sa préparation nécessite de retirer les arêtes fines et nombreuses. Certains toutefois, le consomme régulièrement et de nombreuses recettes culinaires l’utilisent comme poisson principal.
D’un point de vue écologique, le Gardon joue un rôle essentiel dans les écosystèmes aquatiques, en tant que prédateur de petites espèces et de larves, ainsi que de proie pour les poissons plus gros et les oiseaux aquatiques.
Enfin, le Gardon est un excellent vif utilisé pour la pêche aux carnassiers et le pêcheur garde toujours en tête l’adage suivant : “A gros Gardon, gros Brochet“. C’est un des vifs les plus résistants, adapté à toutes les techniques de pêche aux carnassiers.
Techniques de pêche du Gardon
Le Gardon est l’un des poissons blancs les plus recherchés par les pêcheurs au coup. Sa méfiance naturelle et sa capacité à recracher rapidement un appât imposent souvent l’utilisation de montages fins et précis.
Pêche du Gardon au coup
La pêche au coup est la technique la plus utilisée pour capturer le Gardon. Elle repose sur l’emploi de lignes fines comprises entre 8 et 12/100, de petits hameçons (n°18 à 22) et de flotteurs sensibles capables de détecter les touches les plus discrètes. Les appâts les plus efficaces sont les asticots, les pinkies, les vers de vase, le pain et le chènevis.
Pêche du Gardon au feeder et au quiver-tip
Les gros Gardons peuvent également être capturés à l’aide de techniques plus généralement associées à la pêche de la Brème ou de la Carpe. La pêche au feeder et au quiver-tip permet d’attirer les poissons grâce à des amorces plus riches et de prospecter efficacement les secteurs plus éloignés du bord.
Pêche du Gardon au chènevis
Le Gardon apprécie particulièrement les graines de chènevis, ce qui en fait l’espèce emblématique de la pêche au chènevis et de la pêche à la perle. Ces techniques permettent souvent de sélectionner de beaux poissons et d’obtenir des touches régulières lorsque les Gardons sont présents en nombre.
Pêche du Gardon en hiver
Contrairement à certaines idées reçues, le Gardon reste actif pendant l’hiver. Il se regroupe fréquemment dans les zones profondes et les secteurs calmes. Lors des journées douces et ensoleillées, une pêche au coup pratiquée avec un amorçage léger et des esches discrètes peut donner d’excellents résultats.
Noms vernaculaires du Gardon (Rutilus rutilus)
Le Gardon est le poisson d’eau douce et de rivière le plus commun de nos contrées. Il possède donc de nombreux noms régionaux.
- Able ou ablé
- Blanchet, dans la région d’Evian
- Échatout, dans le Jura
- Fagot
- Français
- Gardon blanc
- Plotze ou Plötze, en Alsace
- Reutel
- Roche, à Saint-Quentin et en Région Wallonne
- Rosse ou rossette
- Rousse ou Roussette, en Région Wallonne, en Champagne, en Franche-Comté et en Lorraine
- Vangeron, Vengeron ou Vingeron, en Suisse
Expression populaire
Le Gardon est bien connu dans l’expression “être frais comme un Gardon” qui signifie “être en bonne forme, en bonne santé”.
L’origine de cette expression viendrait du fait que le Gardon est le poisson qui se conserve le plus longtemps après avoir été pêché.
Etat de conservation du Gardon
Le Gardon (Rutilus rutilus) est classée dans la catégorie LC (Préoccupation mineure) dans la liste rouge de l’UICN.
La catégorie “Préoccupation Mineure” correspond à une espèce largement répandue et abondante.
Résumé pêcheur
| Élément | Recommandation |
|---|---|
| Appât | Asticot rouge |
| Ligne | 8 à 12/100 |
| Hameçon | N°18 à 22 |
| Profondeur | Fond ou proche du fond |
| Saison | Printemps et automne |
| Amorce | Fine et peu nourrissante |








